Du lundi 7 au mercredi 9 mars – Khao Yai National Parc
Distance : 5891km / Denivele : 45402m

Apres une nuit animee par les multiples coqs et chiens (pourquoi y en a t il autant dans les monasteres 🙁 ?) nous nous attaquons au relief. Nous payons notre du a l entree dans ce Parc national classe Man and Biosphere par l Unesco et nous ressentons tres vite l ambiance que nous etions venue chercher ici : le calme bruissant d une jungle profonde.
Peu de circulation, nous nous laissons porter par l atmosphere profondement wild.
Des montees bien rudes se succedent et les alternances ombre sous les arbres et portions de route ensoleillee a 45 degres sont comme des respirations – expirations.

Des panneaux de signalisation annoncent la possible traversee d elephants sauvages, ambiance ! A l entree du Parc les photos de prevention etaient toutes des voitures et les elephants en face, mais nous sommes a velo. Nous sommes d autant plus attentifs aux bruissement et aux craquements de la foret. Les dejections, de taille !, sont nombreuses et jalonnent la route. Nous voyons egalement de multiples trouees dans la vegetation, qui nous laissent a penser que ce ne sont pas des ecureuils qui sont passes par la en premier… Apres une pause sur un belvedere d ou l on ne voyait rien pour cause de grands abres, au moins l ombre etait agreable, nous nous arretons car Panpan a entendu un bruit a gauche. Le pied sur la pedale et le doigt sur le declencheur de l appareil photo, nous restons un instant suspendu, dans l attente. Le bruit se confirme en hauteur et nos regards se portent vers la cime d un immense arbre depassant la canopee. L instant d apres le craquement s emplifie terriblement et une enorme branche et ses ramifications s ecrasent sur les plus petits arbres dans un bruit du tonerre. Mais pas d elephant !

Apres quelques terribles montees assassines (on n a plus l habitude depuis plus d un mois a rouler sur le plat !!!), nous arrivons en vue du camping ou nous allons pouvoir nous reposer pour le reste de la journee. A peine la tente installee et nous cales au restaurant du camping, qu une bande de singes s attaque a nos affaires. Le plus gros, le chef, fait face a Panpan qui tente de recuperer la poubelle dechiquetee. Toutes dents dehors les deux males se font face un instant et le plus sauvage des deux decide de laisser l imberbe tranquille. Mais a peine le dos tourne que les singes reviennent et l un d eux saute sur la tente pour y chercher un rebond d acrobate qui nous plie un arceau. Panpan s enerve et jette des cailloux.  De retour au restaurant, Panpan se voit offrir l aide d un lance pierre de la part des gerants qui font signe que seul celui-ci permet de se debarrasser des primates. L oeil joueur, Panpan passe alors la demi heure suivante a lancer des pierres dans la jungle. Il y a aussi la presence de gros cerfs sur le camp, placides et peu farouches, qui semblent attendre une caresse. Mais vers 23h, une des biches a reussi a chaparder notre poubelle et se lance dans une course effrenee alors que Panpan la poursuit en calecon. Quand allons nous pouvoir dormir tranquille ???!!! Vers 5h30 un gros bruit a deux pas de la tente nous reveille, un enorme porc epic (incroyable la taille que peuvent avoir ces animaux) passe tout pres de nous.

Le soleil se leve dans un bruissement de plumes et de chant d oiseaux, toujours un bonheur de se reveiller en pleine jungle. Nous partons en balade sur le seul sentier autorise a parcourir sans guide dans ce coin du Parc. La multitude vegetale est une palette inventive de nuances de vert, les sons etouffes ou limpides habitent l air et le chemin est tres agreable. De tres vieux arbres dominent l ensemble vegetal et a notre altitude nous sommes comme des fourmis dans un jardin alpin.  Au detour d un sentier nous voyons un gros lezard d eau (appele le Chinese Water Dragon) nager dans l eau et un autre plus loin se repaitre d une grenouille. L observation est belle, nous sommes tout proche, et pour lui la prise doit etre trop belle pour s en aller en hate. Des panneaux repetes annoncent la presence de crocodile et l interdiction de nager dans la riviere. A un endroit ou la foret laisse passer le soleil, nous voyons effectivement un beau specimen a moitie sur la berge, a moitie immerge, se chauffer les ecailles les yeux clots. Mais le claquement de sa machoire alors que Lulu se deplace un peu vers lui nous fait sursauter et reprendre une distance de securite adequate a sa suceptibilite. Nous faisons encore de belles decouvertes au cours de cette balade dont l objectif etait la cascade du film La Plage avec Di Caprio, mais qui en saison seche, ne fait qu un filet d eau.

Le soir Lulu court desesperement apres un Porc epic, depitee de ne pouvoir le prendre en photo et les barrissements confirment la presence de pachydermes dans la foret. Malheureusement, nous repartons ce matin sans les avoir vus mais un enorme varan se promenant non loin de la tente nous rassasie de nature sauvage et c est ainsi que nous prenons la route de la sortie du Parc, qui nous offre un dernier safari routier : ecureuils, petites biches gambadant dans les pariaires ouvertes, toucan en vol… Une petite visite au centre des visiteurs et nous entamons la descente vers Pak Chong ou nous verrons un panneau jusqu alors jamais vu : Attention traversee de Cobra. Faut dire que les plus gros specimens du Parc mesurent jusqu a 10m de long.

Nous retrouvons la plaine et sa chaleur etouffante apres ces 2 jours merveilleux passes dans une jungle palpitante.