Vendredi 13 au Dimanche 15 Fevrier – Livingston

Il y a des noms evocateurs qui font rever, des appellations de lieux qui a peine prononcees vous emmenent a l autre bout du monde, des saveurs exotiques vous emplissent alors la bouche, vous fermez les yeux et vous y etes. Pour nous “Livingston” resonnait comme un repaire de pirates, une odeur de poudre a canon.

Nous y arrivons en bateau depuis le Rio Dulce puisque seules les eaux rendent accessible ce pueblo original, pose sur la cote caraïbes. A peine debarques, nous nous installons dans un petit hotel calme, El Viajero, a deux pas du centre ville. Nous partons alors explorer Livingston, dont l identite tient a la presence des “garifunas”, une population noire africaine, descendante d esclaves echoues ici au XVIIe siecle. La musique resonne forte dans la rue principale, des bouibouis vendent de tout pour grignoter, les decolletes sont “africains” et decomplexes. En fait, trois populations vivent ici, les garifunas, les latinos et les mayas quechis, nous apprendrons plus tard que ce n est pas l entente parfaite.

Nous degottons un petit resto typique (il n y a pas de touriste et les prix sont bas 🙂 ) ou le poulet, frit (Panpan) ou mijote (Lulu) est bien accompagne de riz et de salade. Une promenade dans les ruelles et le bord de plage nous donne la temperatures des lieux. C est ambiance rasta caraïbes cote garifunas et ambiance latino de l autre cote. Le soir une longue averse s en donne a coeur joie et laisse imaginer quand un cyclone se pointe a l horizon.

Ce village est aussi un petit port de peche et les bateaux sortent de nuit avec des lampes torches accrochees au bout de perche. Le poisson est donc frais et Lulu s en delecte (encore:) ) les babines pour son deuxieme plat de poisson de tout le voyage. Une longue promemade nous emmene le long de la plage qui semble etre le lieu de vie de la communaute garifuna, des cases rustiques, des hamacs face a la plage et de tres tres nombreux bars discotheques, pour les touristes et les locaux festifs… Coupe gorge une fois la nuit tombee, on ne joue pas les temeraires et on rentre avant la nuit, une voiture de police s etant deja installee au carrefour de la plage. Mais le christ de la redemption veille sur les fetards, depuis son socle au large de la cote.

Une rencontre restera marquante ici, Philippe, un rasta garifuna de 63 ans, beret jamaicain sur les dreadlocks, vient nous taper la causette sur les conditions de “survie” de la population garifuna. “Ye men, ici c est l appartheid, les Garifunas sont parques depuis 10 ans que le tourisme a explose… On nous a expulses du centre ville. Il y a 10 ans encore, les garifunas etaient installes autour de la rue principale et jouaient des percus, les touristes dansaient avec nous, ye ahah. Regarde aujourd hui, des latinos ont ouvert des boutiques et des restos pour les touristes et ils affichent des menus typiques garifunas… Et ouais mec, c est ca le vrai Livingston…”.

On repart demain matin lundi, a 5h30, vers de nouvelles aventures, en lancha vers Puerto Barrios d ou nous devons prendre le bus vers Antigua, a l ouest du Guatemala, et notamment vers le volcan Fuego, recemment entre en eruption.