Vendredi 27 fevrier au mardi 03 mars – Nebaj et montagnes

Vendredi – Tout gris cematin. Tamales au marche pour le petit dejeuner, personne ne sourit, chacun a la tete dans sa feuille de bananier ou son bol de corn flakes. Aujourd hui, direction Nebaj, dans les montagnes de la region Ixil, pour aller randonner. Chauffeurs un peu tares, campagne aride et vallonnee, forets de pins en haut, cultures vertes pres de la riviere en bas. Musique a fond les ballons, on se fait un copain, Jose, qui va vendre des tshirts sur le marche de Chajul, a quelques kilometres de Nebaj.
Nebaj, petite ville aux gens plus accueillants, marche typique aux bons produits, place centrale ou les jeunes cireurs de chaussures courent tres vite pour arriver les premiers aux pieds des arrivants, le costume traditionnel a evolue, une procession portant Jesus sur le croix sort de l eglise dans un nuage d encens…
On prepare le trek de 3 jours en allant faire du change a la banque pour n avoir que des petits billets. Autant dire qu en passant de 10 billets de 100Q a beaucoup de billets de 5, 10 et 20Q, Panpan avait “les couilles en or” au sens propre du terme (l argent est dans notre banane portee dans le pantalon) 🙂

Samedi – Un bon petit dejeuner pour Panpan qui voulait autre chose que des tamales. C est donc oeuf, haricots, tortillas, avoine et biscuits, cafe pour ce monsieur. Et pour madame avoine et fruits. Tout le monde repu, on part a Chajul a 45mn de trajet pour aller voir la fete dont les gens nous ont parle.
Traversee d une campagne tres verte, plusieurs petits villages, pas mal de chevaux. Arrives a Chajul, on constate en fait qu il s agit d un tres grand marche allant jusqu a l eglise. Casseroles aux dimensions gargantuesques, vetements occidentaux, tissus traditionnels, stands de nourriture, biscuits du coin, machines a sous comme dans les vieilles fetes foraines avec un attroupement de femmes… toutes les femmes arborent des rubans et des pompons multicolores dans les cheveux. Aux oreilles, de la laine decoree de perles et de vieilles pieces de monnaie (tres jolies, j ai voulu en acheter mais la dame m a propose un prix touristique de Chichi et Panajachel, autant dire aussi cher qu en Europe… tant pis !).
L eglise est drapee de violet encore une fois (il s agit en fait de la couleur liee au Careme). Ambiance moins stricte que chez nous pendant la messe, un papy mange des sucreries au fond.
On se balade dans les rues du village. Reactions partagees entre de nombreux “Ola!” des enfants, des mines plus renfrognees des adultes… On verra ce que ca donne dans les montagnes. Dejeuner de pollo relleno (poulet farci) avec guacamole, haricots et gaspacho, biscuits a la coco. Miam ! Panpan achete un tshirt a notre copain de la veille, Jose.
Retour a l hotel, preparation des sacs pour le trek (on en laisse une partie a l hotel) et douche brulante (yessssssssss !).

Dimanche – Reveil a 6h44, tout est gris dehors…
On debute la rando par 400m de montee sur un petit sentier ou l on croise pas mal de gens et d animaux : garcons a cheval, moutons, vaches, cochons… reactions peu enthousiastes a notre egard. Sommet de la colline assez plat, beaux paturages puis descente a Acul, 300m plus bas. Visite de la Finca Mil Amores, ou le fromage est a priori bon… et pour cause, cette superbe propriete est detenue par un italien, qui fait du fromage a l occidentale… miam miam miam… dommage que l on soit limites par le poids ! Remontee de 400m jusqu a Xexucap ou l on pique nique. Plusieurs personnes nous saluent et nous lancent des “Provecho !” souriants (bon appetit !). 1h de plus de montee et l on arrive a l etape du jour, Xexocom, joli petit village colore niche dans la montagne.
Le paysage a alterne toute la journee foret, paturages et cultures (avec plus ou moins de pesticides selon les parcelles), grandes fougeres, fleurs nombreuses…
La posada communautaire est grande, on y passe une aprem tranquille, Panpan decorant son baton de marche et moi tressant des bracelets bresiliens. Les dindons font leur show, le petit garcon de la famille est attire par nos crayons de couleurs et dessine avec nous sur une petite amphore de cuisine. On apprend quelques mots de langue Quiche (en phonetique bien sur…) avec le papa (le quiche est la langue parlee ici, pas l espagnol) : Sakarik (bonjour) et Maltioche (merci).  Il a bruine toute la journee, il fait humide, on se rend dans la cuisine en fin d aprem pour se rechauffer pres du feu.
Toutes les femmes y sont reunies, tissant du fil rouge en pelote tout en cuisinant pour le soir.
A diner, autour de la cuisiniere (pas de table), c est puree de pommes de terre, omelette et tamalitos. Les femmes se remettent a tisser, on les laisse et on file se coucher.

Lundi – On toque a notre porte a 6h du matin car le papa part en ville et veut qu on paye… pouvait pas le dire hier ?! Petit dejeuner autour du feu a 7h30, les femmes tissent toujours. Au menu, riz haricots et tortillas.
C est parti pour 900m de montee non stop sur 3.5km. Chacun prend son rythme, le belvedere de mi parcours nous sert a voir les nuages en gros plan, ca bruine toujours, on croise des travailleurs dans les champs de mais.
Et puis on arrive en haut au village de Chuatuj en passant d une foret de pins a un plateau caillouteux sans vegetation, avec quelques maisons posees au milieu. 1h de marche supplementaire nous mene a l etape de Chortiz, 3200m. Plateau au tapis vert, caillouteux et aux trous multiples et parfois profonds, comme si des bombes etaient venues s exploser. Troupeux de moutons en quantite.
La posada communautaire est encore plus grande, avec 6 lits et un hamac. La famille d a cote nous prepare le dejeuner. PLusieurs femmes sont a nouveau dans la cuisine, dont une mamie qui enleve les grains de mais de l epi a la main, et une petite qui tape sur un gros sc avec un baton. Cuisine au feu de bois a meme le sol, elles soivent fumer 3 paquets de cigarettes par jour ! La maman nous sert un bol de legumes verts dans du bouillon, des tortillas, et on complete de retour dans notre maison avec le bon fromage achete la veille.
Aprem a se balader dans les environs, discuter avec un garcon et une fille qui gardent les moutons et viennent nous demander de leur montrer nos photos. Ils s amusent a mettre le feu a un petit tas de brindilles… Ca caille ici, on patiente jusqu au diner a 18h30. La cuisine n est eclairee que par le feu autour duquel est reunie la famille : parents, 3 enfants, grands parents. A diner, legumes avec bouillon et oeuf, tamalitos et feves (la famille ne mange que les feves a la main dans le bol et des quantites de tamalitos – les legumes et les oeufs sont trop chers pour eux). La mamie finit son repas par une sucette avant de s endormir devant le feu.

Mardi – Nuit froide et assez bruyante entre les coqs et les chiens. Grand beau ce matin, enfin ! Ca valait mieux car le chemin d aujourd hui est parfois difficile a trouver, surtout dans la brume… Petit dejeuner d oeufs brouilles aux legumes et de tamalitos. On se dit que pour les enfants ce ne doit pas etre facile de voir les touristes manger des choses que eux ne peuvent pas manger… Mes bracelets ont fait fureur, j en donne 3 aux enfants avant de partir.
Petit sentier borde de sentes d animaux (faut pas se tromper !), superbes grands plateaux qui s enchainent, toujours comme bombardes. On cherche le chemin a travers la foret ou la brume commence a s engouffrer… et puis on apercoit sur la pente a droite de multiples dechets, on sait alors qu il faut descendre par la ! La vue se degage sur toute la vallee.
Descente de 2h interminable dans la foret et le sentier boueux au possible, parfois tres profond… on s en tire pas trop mal sans gamelle !
Arrivee a Parramos Grande, village verdoyant et tres joli a 2300m d altitude. Gens souriants et avenants, on pique nique avant de repartir pour rejoindre a pied (1h) la route sur laquelle on pourra attendre un transport nous ramenant a Nebaj. Pas de voiture avant 45mn, on a eu le temps de continuer a marcher… Et puis nos sauveurs du jour, 2 hommes qui installent des TV nous embarquent et nous deposent a 30mn a pied du centre de Nebaj, ou l on recupere nos sacs a l hotel.
Ce soir, on se paye un bon diner (4 euros chacun, un luxe !)

Un chouette sejour dans cette contree Ixil, qui aurait merite d etre prolonge dans la partie trek… Merci les montagnes !