Du vendredi 13 au jeudi 19 novembre – De Shanshan a Zhangye
Distance : 1698km  /  Denivele : 14973m

Nous faisons un petit dejeuner typique, offert par Aorivo, notre mecene depuis hier. Au menu, galettes, oeufs, boisson de soja ou de riz, soupe et mantis au legumes. Puis vint le moment des au revoirs et des remerciements pour autant de generosite. Nous embarquons dans un bus confortable a destination de la ville de Hami, les velos sont eux aussi confortablement plies en soute. La route defile, des centaines de kilometres arides et desertiques qu il nous aurait fallu de tres longues journees de pedalage pour traverser. En route un arret toilettes epique : une rangee de compartiments cote a cote sans porte et avec des cloisons a 30cm de haut, intimite assuree… A Hami, les prochains bus pour Jiayuguan ne sont que 3 jours plus tard, alors nous allons tenter notre chance a la gare des trains.
Cohue, bousculade et personne qui parle anglais a l horizon. Apres un flottement inquietant, Panpan fini par degotter des billets en classe « pas confort du tout », avec un depart a 22h55. On dine de soupes de pates lyophilisees, pratiques dans ces gares ou il y a de l eau bouillante a disposition des voyageurs. Les billets achetes « a l arrachee » ne sont pas cote a cote, nous sommes dans trois wagon d ecart. Lulu s installe a sa place, Panpan repere la sienne mais revient dans le wagon de Lulu et s assoit sur son sac dans le couloir, contre la porte de la cabine du controleur. Meme ambiance que dans le train de Kashgar a Dayehan, bruit, mollards et petits cacas au sol. Au bout d un moment le controleur nous fait la gentillesse (ou l offense ?) de nous offrir un mini compartiment separe ! Trop cool le type. On va vite comprendre que c est le compartiment frigorifique, des caisses de nourritures nous servent d appui. Mais mieux vaut le froid a l ambiance d a cote… Le trajet interminable dure seulement 9h30.

Samedi 14 novembre, nous prenons un petit dejeuner de raviolis a la gare. Puis nous repartons avec nos montures en direction de la forteresse de Jiayuguan, construite par la dynastie Ming en 1372. Nous sommes ici aux limites historiques de l Empire du milieu, la Chine imperiale ayant toujours considere que plus a l ouest se trouvaient des territoires barbares et inexplores. Vu le desert hostile sur des miliers de kilometres que l on vient de traverser, on peut comprendre. Du coup c est ici que commence historiquement la Grande muraille de Chine, cette incroyable construction de pres de 25000km de long, dont la construction a commence en 700 avant J.C. et qui necessitait le maintien d un million de gardes en poste. Et la forteresse de Jiayuguan en represente les premieres pierres a l ouest. Dans un demi sommeil de fatigue nous en entreprenons la visite. Les remparts sont impressionnants et les reconstitutions bien effectuees, on sent que cet endroit est un site majeur du tourisme dans la region. Nous visitons egalement un peu plus loin une reconstitution de la muraille historique, un peu surfaite. L ambiance est un peu trop Disneyland et dans le lointain, juste derriere la muraille une hideuse centrale nucleaire tue le paysage. Dommage. Nous bivouaquons un peu plus loin, adosses a la muraille, cote barbares.

Dimanche, les temperatures sont basses et nous nous lancons vers la Chine imperiale, plein Est. Le paysage reste assez desertique, avec des usines, des chantiers, un ciel gris. Des villages defilent, des champs cultives, du mais, du piment. Les recoltent etant deja effectuees, nous bivouaquons dans un champ.

Nuit glaciale, il fait -5″C dans la tente, qui est toute givree, dedans et dehors. C est tout un art de s habiller en cosmonaute doudoune avec la grace d une danseuse etoile pour ne pas secouer la tente et faire tomber sur les duvets tout le givre et les goutellettes de condensation. Petit dej crispe puis le soleil se leve et nous poursuivons notre avancee dans le corridor de Heixi, cette plaine etroite ceinturee entre les Qilian Shan au sud, la bordure du plateau tibetain et les montagnes noires et le desert de Gobi au nord. Toujours quelques villages, des cultures, le paysage est assez invariable.

Les kilometres defilent et nous arrivons finalement mercredi 18 novembre dans la petite ville de Zhangye (260 000hab, une petite ville en Chine), d ou nous avons decide de prendre le train pour rejoindre le sud de la Chine. Le corridor de Heixi ne nous aura pas vraiment ravi par ses paysages. Et le froid est toujours aussi intense, peut etre qu en rejoigant le sud il fera plus chaud…
A Zhangye, des hotels et cyber cafe nous refusent toujours, mais nous trouvons un hotel tres sympa, un peu plus cher mais nous avons toutefois evite le « Ruina Hotel***** :). Nous achetons des billets de train pour Guyang ou nous ferons les extensions de nos visas chinois qui arrivent a terme a la fin du mois. Nous avons pris cette fois des places en wagon couchettes car nous avons plus de 40h de trajet.
Nous visitons le temple du grand Bouddha, edifie en 1098 par la dynastie des Xya de l Ouest, ce bouddha allonge colossal faisant 35m de long, le plus grand de ce genre en chine. L ambiance apaisante des lieux nous fait du bien dans le grouillement incessant de la ville. Plusieurs edifices, temples et pagodes renferment des expositions, des sculptures de bouddhas et d illumines. Dans la ville nous testons plusieurs petits repas sympas, des gateaux dont rafole Panpan, des fruits, un regal (surtout les kakis).

Enfin, preparation finale avant un redepart vers de nouvelle aventures, Panpan donne la douche aux velos, qui fretillent de plaisir de se retrouver autant bichonnes 🙂 !